Skip to main content

Pour comprendre l’intérêt de l’électronique embarquée dans les optiques modernes mais aussi pour répondre à des demandes spécifiques, nous nous sommes demandés comment “fabriquer” les métadonnées utiles aux VFX,  à l’ancienne.

Les MDO (MétaDonnées Optiques) de type FIZ (Focus, Iris, Zoom) bien sûr, mais nous nous sommes aussi pliés à l’exercice des mires de déformation pour ajouter cette donnée qui améliore grandement la précision des effets spéciaux. Cette démarche nous a paru intéressante pour observer le chemin emprunté par les métadonnées mais aussi pour être capables de proposer des solutions techniques dans les cas disons atypiques…

Pour cette deuxième session, ce mercredi 26 avril, nous nous retrouvons à plusieurs membres de l’Union chez notre partenaire Vantage, qui conçoit, fabrique et loue les optiques Hawk (mais pas que !). Côté caméra, nous continuons d’utiliser la Sony Venice 2 ainsi qu’une Arri Alexa Mini LF. S’ajoute pour cette session une URSA Mini Pro 12K de chez Black Magic Design, également partenaire de l’Union.
L’idée est de trouver ce qui fonctionne mais aussi ce qui ne fonctionne pas car, depuis nos premières suppositions, nous constatons sur le terrain qu’il n’y pas de formule qui conviendrait pour toutes les configurations caméras + optiques.

Un nouveau boîtier

Un nouveau boîtier vient compléter notre panoplie d’accessoires utiles à l’exploitation des métadonnées optiques : le LDT-R2 de la compagnie DCS, une société anglaise. Un boitier dédié apparemment peu courant en France, mais qui semble plus répandu outre-Manche. Sur le papier, le LDT-R2 doit potentiellement nous permettre d’encoder les courses FIZ des optiques dépourvues de MDO mais aussi, et c’est là qu’il apporte une nouveauté, d’injecter les données dynamiques dans les fichiers image enregistrés par les caméras. Reste à savoir lesquelles, et surtout comment, notamment via quels matériels !

De l’importance des LDA

Dans la grande salle d’essais que Vantage a mis à notre disposition, nous remarquons d’emblée les QR codes d’accès à la base de données de LDA des optiques en location.
En effet, Vantage s’efforce de créer pour toutes les optiques de son parc de location des fichier LDA, ce qui implique qu’à l’arrivée d’une nouvelle focale, un fichier spécifique incluant les butées de toutes les bagues ainsi que leurs courses est fabriqué. Cela permet aux système de convertir les valeurs de positions angulaires des moteurs en valeurs utiles FIZ. Autrement dit, sans LDA, pas de métadonnées pour ces optiques non électroniques.

L’UMC-4 encore incontournable

La Mini LF positionnée à 4’2’’ d’une mire en damier, nous installons un moteur mini RF (diaph) et un C Force mini (point), opérés avec une commande Arri Hi5. Les LDA déjà présentes sur la carte SD de l’UMC-4 facilitent les opérations. Le boitier Ambient Lockit+ alimente la caméra et donc l’UMC-4, mais sans prise Lemo sur les optiques, il est impossible de récupérer des métadonnées par ce boitier.

S’ensuivent des prises de vues courtes des mires avec les belles optiques dont nous disposons pour pouvoir mettre en évidence le rôle des LDA et enregistrer des métadonnées transmises par les moteurs sur la carte SD de l’UMC-4. Nous allons fournir aux VFX une mire avec en métadonnées: le nom de l’optique, la focale et la distance.

  • Vantage One 17.5 mm (Trop de vignettage avec la Mini LF, on exclut cette optique des tests)
  • Vantage One 21 mm (Bascule de point)
  • Vantage One 25 mm
  • Hawk SuperWide Zoom 10-24mm (Zoom in/out sur 20mm à 24mm)
  • Vantage LightWeight 17-35 mm (Zoom in/out sur une partie de la plage focale)
  • Zeiss Ultra Prime LDS 20 mm
  • Zeiss Ultra Prime LDS 24 mm
  • Fujinon / ARRI Allura 18-80 mm (Zoom in/out)
  • Hawk V-lite Vintage 28 mm 2x (Bascule de point)
  • Hawk V-lite Vintage 35 mm 2x (Bascule de point)
  • Hawk V-lite 24 mm 1.3x (Bascule de point)
  • Hawk V-lite 28 mm 1.3x (Bascule de point)
  • Hawk V-Plus 45-90 mm 2x (Zoom in/out, bascule de point) – Changement de distance, on recule à 6’
  • Hawk Vintage ‘74 55 mm 2x
  • Hawk V-lite 55 mm 1.3x
  • Hawk Vintage ‘74 80 mm 2x
  • Hawk V-lite 110 mm 1.3x
  • Hawk Vintage ‘74 110 mm 2x

Puis nous passons au protocole incluant les trackers mis en place lors de notre première session de travail:

  • Hawk Vintage ‘74 – 28 mm 2x : caméra fixe (bascule de point track 1/track 2 lente et rapide), caméra portée : mouvements latéraux, avant arrière, bascules de point lente, bascules de point rapide, changement de diaph
  • Hawk V-lite – 24 mm 1.3x : caméra fixe (bascule de point track 1/track 2 lente et rapide), caméra portée : mouvements latéraux, avant arrière, bascules de point lente, bascules de point rapide, changement de diaph
  • Vantage One – 25 mm : caméra fixe (bascule de point track 1/track 2 lente et rapide), caméra portée (idem que les précédents)
  • Hawk SuperWide Zoom 10-24mm : caméra fixe (bascule de point track 1/track 2 lente et rapide), caméra portée (idem que les précédents)
  • Zeiss Ultra Prime LDS 20 mm : caméra fixe (bascule de point track 1/track 2 lente et rapide), caméra portée (idem que les précédents)


Le LDT-R2 sur la Venice 2, c’est pas encore ça !

Nous montons un 24mm Zeiss Ultra Prime LDS sur la Venice 2, équipée du boitier LDT-R2 de DCS. Il semble que sur cette série, le LDS Arri ait été implémenté, vraisemblablement avant que Zeiss ne décide de développer son propre protocole eXtended. Les métadonnées doivent en théorie passer par la monture de l’optique.
Avec cette configuration, nous sommes apparemment dans une impasse.

Il semblerait déjà que cette série soit trop ancienne (LDS vs eXtended). Par ailleurs, en essayant désespérément de brancher le boitier à la Venice, nous apprenons que DCS recommande une monture spécifique (Specialist Lens Mount) qui permettrait d’injecter les métadonnées optiques dans les fichiers X-OCN.
Après investigation, il semble que cette fameuse monture soit au stade du prototype, fabriqué en quelques exemplaires mais encore indisponible à la vente ! À ce jour, la transmission des métadonnées aux fichiers RAW ne fonctionnerait qu’avec des caméras RED ou PanaDXL (sur base RED)…
Nous apprenons aussi qu’il existe dans la Venice une fonction spécifique à activer pour exploiter les métadonnées des optiques Zeiss (Enabling Metadata for Sony Workflow – lien du manuel ici).

La roue encodeuse LDT-E1 associée au LDT-R2 permet de calibrer manuellement les butées, il faut en revanche créer soit même une LDA minimale (nom et type de l’optique, valeurs de diaph, valeurs de point). L’interface du menu du boitier est plutôt minimaliste. Nous tentons un enregistrement de données sur la micro SD du LDT-R2 sans succès. En rajoutant le Lockit+ pour générer du timecode l’enregistrement fonctionne, ce qui semble logique : sans timecode, pas de métadonnées dynamiques. Les données sont enregistrées sur la micro SD du boitier et la LDA basique que nous avons créée apparaît.  Sans monture dédiée, les tests avec la Venice nous semblent sans objet avec ce boitier.
Soulignons que DCS propose divers boîtiers qui se différencient selon les corps caméra, les montures, les systèmes de commande, et les types de production (traditionnel ou plateau virtuel). Comme nous l’avons vu, il convient de s’assurer que ces boîtiers sont réellement opérationnels selon la configuration de production.
Notons également qu’à date, le boitier LDT-R2 semblait incompatible avec une monture Arri en LPL.


Les optiques : des instruments de mesure télémétrique fiables ?

En fin de journée nous testons une toute autre configuration, sur une Blackmagic Ursa Mini Pro 12K (capteur S35). L’enregistrement des fichiers image en 12K (17:9 / Q0 / BM RAW / constant bitrate) se fait sur disque externe SSD Samsung T5.
Nous positionnons 10 trackers sur environ 10-15 mètres de profondeur, l’idée étant de vérifier si les métadonnées transmettent correctement les valeurs de distance (entre tracker et caméra et entre trackers) pour créer une caméra virtuelle dans un plateau 3D. Les mesures réelles sont prises au décamètre avec la caméra sur pied.

Nous enregistrons plusieurs fichiers selon notre protocole habituel, incluant caméras portées, mouvements latéraux et bascules de point.
La première optique est un Hawk V-lite 20mm 1.3x, la seconde le 24mm Zeiss Ultra Prime LDS.
Le Hawk V-lite 20 mm 1.3x est accompagné d’un moteur C-Force mini RF pour le point et C-Force mini pour l’iris, une commande Hi-5 et le boitier UMC-4.
Bien qu’étant censée être une optique intelligente, le 24mm n’a communiqué aucune métadonnée aux trois caméras. Nous pensions pourtant que la Mini LF était a priori compatible, mais cela n’a pas été le cas. Nous avons testé une autre focale de la série, mais sans plus de résultat. Peut-être que cette série est trop ancienne alors que la Mini LF est trop récente…
Si l’URSA Mini Pro 12K ne peut enregistrer aucune métadonnée optique dans ses fichiers images avec ces optiques, l’UMC-4 permet néanmoins de récupérer les données FI (Focus et Iris) transmises par les moteurs.

Bilan du jour : dans les configurations que nous avons testées, le boitier Arri UMC-4 semble être un outil essentiel, rustique et efficace si on dispose toutefois de LDA encodées à l’avance. Le boitier Ambient, avec des optiques dépourvues de métadonnées, était aujourd’hui réduit au seul rôle de générateur de timecode.

Dans notre prochain article, le défi sera d’enregistrer des MDO d’optiques vintage (qui en sont donc logiquement dépourvues) dans des fichiers image. À suivre !

 

Merci à Valentine Lequet coprésidente de l’Union, Sara Cornu, Mykhailo Husak, Sarah Guillaumin Haddad, Djamel Bertal et Élise Filaferro, assistante caméra.
Un grand merci à toute l’équipe de Vantage  pour leur accueil et leur implication.