Cette 29ème édition du festival a été l’occasion de nombreuses mises en avant du travail collaboratif entre les chefs décorateurs et les directeurs de la photographie dans la construction visuelle de l’univers du film. Un travail colossal qui vise à créer un monde riche qui accompagne émotionnellement les enjeux du film.
Cet article propose une synthèse et une réflexion nourrie par deux conférences présentées à Camerimage : “Creating Worlds on Screen : Production Design and Cinematography” et “Rosco Seminar : How to build a World, Cinematography and Production Design on The Colony”
A la recherche du lieu idéal
Chaque projet est unique et redéfinit ses propres règles en matière de préparation. La genèse se crée selon les besoins de l’histoire et les relations entre les différentes personnes impliquées dans cette construction. Mais ce qui apparaît comme universel dans ces travaux préparatoires, c’est l’échange des visions et des expertises de chacun au profit de la mise en place d’un univers crédible et émotionnel.
Kalina Ivanov, Cheffe décoratrice de « The Tender Bar » de George Clooney, partage son expérience sur ce film qui nous plonge dans la vie du journaliste J. R. Moehringer et sa quête d’une figure paternelle. Pour elle, il était essentiel de raconter l’histoire d’une famille à travers les murs de sa maison. Elle souhaitait qu’ils portent les marques des années passées. En nous exposant ses recherches et ses planches de travail, elle nous plonge dans un univers déjà très détaillé et donne vie à chacun des décors qu’elle construit. Ce travail est effectué en étroite collaboration avec le directeur de la photographie Martin Ruhe et le réalisateur, car elle construit ses décors pour servir la caméra. Il ne s’agit pas de créer le décor le plus beau ou exceptionnel qu’il soit, mais bien de le mettre en place autour du propos et des choix cinématographiques.
The Tender Bar ©Amazon Prime Video
Les éléments proposés par la cheffe décoratrice de « The Tender Bar » s’alignent avec les histoires des personnages du film
Directrice de la photographie sur le film de Jane Campion « The Power of the Dog », Ari Wegner ACS exprime le même avis sur le travail du chef décorateur Grant Major. La maison du film est construite en fonction des angles de prise de vue, afin de renforcer l’émotion par l’espace. La mise en scène s’appuie alors sur ses décors pour contrôler et influencer la capacité des personnages à se mouvoir. Mais dans ce western crépusculaire, le caractère infini des espaces sauvages est au cœur de la mise en scène. Avec une place aussi importante accordée aux décors il fallait que l’équipe du film se pose cette question essentielle : “Où voulons nous que le film prenne place ?”. A travers cette interrogation à priori classique, il s’agit en réalité de trouver l’âme du décor dans le monde réel, puis de construire l’univers du film autour de celui-ci. Ils entreprennent donc un voyage de “plusieurs jours, plusieurs semaines […] pour trouver le meilleur endroit pour créer ce monde et bâtir la maison sur ces terres”
The Power of the Dog ©Netflix
Créer un monde, ce n’est pas seulement une recherche de lieu ou de décors parfaits, c’est aussi et surtout penser à “ce qui fait l’identité de ce monde.” En abordant cette question, Nelson Coates, chef décorateur du film de John M Chu, « In the Heights », nous amène à réfléchir sur l’histoire du lieu où prendra place l’action du film. Ici, un quartier de New York. Plus spécifiquement, le film se déroule autour d’une boutique à l’angle de deux rues. Il était très important pour eux que ce décor principal soit le lieu de convergence de tous les espaces du film. L’espace de cette comédie musicale est alors cartographié autour de cette intersection vers laquelle mènent les chorégraphies. C’est donc naturellement ce décor qui est le premier à être trouvé. Mais le chef décorateur insiste sur la nécessité de se plonger profondément dans l’histoire du quartier afin de recréer un univers crédible et riche. Pour lui, “vous trouvez votre film à travers les repérages. C’est un voyage à la recherche de votre monde”. Les détails du monde réel deviennent des éléments narratifs puissants. Il se souvient du clignotement incessant des lumières défectueuses du métro qu’il a pris dans le quartier lors d’une de ces journées de repérage. Cette lumière inconstante, ils décident, avec la directrice de la photographie Alice Brooks ASC, d’en faire un élément important dans l’identité visuelle d’une scène de rêve de l’un des personnages. Se laisser nourrir par les irrégularités du réel pour renforcer les marqueurs émotionnels de l’intrigue semble primordial dans la construction d’un univers puissant.
In The Heights ©Warner Bros.
Parfois le directeur de la photographie intervient en amont du chef décorateur dans cette recherche du lieu du film. C’est le cas de Markus Förderer ASC BVK qui nous explique qu’il est le premier à être intervenu sur le film « The Colony » car il avait auparavant collaboré avec le réalisateur Tim Fehlbaum sur son film « Hell ». Ils effectuent ensemble de nombreux tests, filmés sur le décor naturel de la mer allemande des Wadden qui s’impose comme le décor idéal dans la représentation d’un monde post-apocalyptique. Mais rendre ce décor spectaculaire implique un tournage entre chien et loup, et le limiterait à quatre heures par jour, ce qui est économiquement inenvisageable. C’est ainsi que Julian Wagner, chef décorateur, se voit confier la mission complexe de recréer ce décor en studio. Les plans d’ensemble et plans larges peuvent alors être tournés en décor naturel afin de rendre sensible l’immensité de ce désert de sable et d’eau, tandis que les plans rapprochés sont mis en place en studio par le biais d’une combinaison ingénieuse entre éléments naturels et technologie Softdrop de Rosco.
Adapter le décor aux besoins du film : “The Tender Bar” le décor comme personnage
Il est essentiel d’adapter le lieu choisi aux besoins du film et de l’histoire, il est donc souvent nécessaire de le reconstruire pour que les possibilités de tournage ne se retrouvent pas restreintes au seul espace réel du lieu. Le bar et la maison de l’oncle de J. R. Moehringer de “The Tender Bar” sont ainsi reconstitués et adaptés en studio. Avec un intérieur 10 fois plus grand que la taille originelle, le décor permet alors de faciliter les déplacements de la caméra et de connecter les espaces entre eux afin d’y opérer des mouvements d’appareil plus narratifs et plus sensibles. Kalina Ivanov donne l’illusion de hauteur d’un décor situé à l’étage d’une maison par exemple en faisant construire ce décor sur une plateforme. Il s’agit de recréer un espace en phase avec la mise en scène et l’impression qu’elle doit faire ressentir au spectateur.
Le concept du premier étage de la maison par Kalina Ivanov
Photo du set final construit
La reconstruction en studio permet également d’adapter les espaces techniques nécessaires à l’installation de la machinerie et de l’éclairage. Ici tous les plafonds sont amovibles, facilitant ainsi l’installation des lumières de jeu ou des praticables pour les projecteurs. Cela offre une liberté de création presque infinie, au service de l’intrigue et des enjeux narratifs du film. L’objectif de la cheffe décoratrice est de créer des décors qui caractérisent les personnages qui les habitent. Ils servent de marqueur temporel à l’histoire et permettent de guider le spectateur à travers l’évolution des protagonistes. Ceux-ci grandissent, vieillissent, mais les décors traversent le temps et sont marqués par les souvenirs de ce qu’ils étaient. C’est l’immense travail de recherche en amont sur les couleurs, les textures, les motifs qui ornent les murs qui permet concrètement à l’idée du décor de prendre vie. Kalina estime qu’il “faut toujours aller plus profondément dans la matière pour que la caméra la retranscrive de manière juste et sensible. Mais toujours en s’arrêtant avant que l’effet ne soit visible et ne deviennent du théâtre ». La lumière sur un décor par exemple, peut exister bien avant que le directeur de la photographie n‘intervienne. C’est pourquoi elle aime échanger en amont sur les couleurs et les formes des lumières de jeu qu’affectionnent les directeurs de la photographie avec qui elle collabore. “Il est important que chacun soit ouvert aux idées de l’autre”.
« The Tender Bar » ©Amazon Prime Video
Le monde sur scène, transformer le plateau en piste de danse : “In the Heights”
Réussir la mise en place d’une comédie musicale à l’écran implique de créer un espace pensé autour des chorégraphies et de la manière dont elles seront tournées. Cela détermine entièrement la construction du plateau qui devra être adaptable afin d’accompagner le mouvement de la danse par le décor. Pour préparer “In the Heights”, l’équipe cartographie chaque chanson et construit un langage commun à tous les départements techniques en déterminant quel sera le rôle de chacun dans la création de l’univers du film. Il s’agit alors de coordonner leurs expertises pour construire un monde hybride entre décor physique, cinématographie et effets visuels.
Lorsque cela est possible, l’équipe tourne les plans extérieurs directement dans les rues qu’ils ont choisies. Ils adaptent l’environnement de ces rues en construisant de nouvelles façades ou en modifiant certains détails afin de créer le reste de leur monde au sein du monde réel. Nelson Coates explique qu’il y a parfois un aspect légal à respecter lorsque l’on tourne dans des lieux existants. C’est notamment le cas d’un mur de briques couvert d’un graffiti qu’ils doivent recouvrir car les droits de cette œuvre appartiennent au street artist qui l’a réalisée. Mais l’idée de conserver un graffiti sur ce mur semblant être l’idéal pour coller à l’environnement naturel de leur décor, ils décident de concevoir leur propre œuvre en lui donnant un aspect symbolique en lien avec l’histoire.
Malheureusement, les intérieurs de la boutique ne permettent pas à une équipe de tournage d’y opérer. Dans ce cas, il est donc indispensable de reconstruire entièrement ce décor intérieur afin d’y projeter l’âme du film. Mais alors l’une des questions essentielles dans cette chorégraphie des espaces est “comment effacer la rupture entre les intérieurs et les extérieurs ?”. Pour cela il faut créer des connexions entre ces deux mondes et parfois il est nécessaire de reconstruire en partie les extérieurs en studio. Ainsi il sera possible de naviguer d’un décor intérieur à un décor extérieur en un même plan et de lier ces deux espaces par la mise en scène. Dans ce but, une partie de l’intersection de “In the Heights” est reconstituée par l’équipe, ce qui nécessite un travail de raccord lumière extrêmement précis de la part de la directrice de la photographie Alice Brooks ASC.
Mais le gros challenge de ce film est une séquence aux allures oniriques entre deux protagonistes qui débutent une danse sur des escaliers new yorkais pour finir flottants sur les murs d’un immeuble et défiants toute gravité. Cet effet irréel est rendu possible par la construction d’une plateforme semblable à la façade du bâtiment dans un studio fond vert, qui permettra l’ajout d’effets visuels en post-production. Le détail ingénieux est qu’une partie de cette plateforme est mécanisée afin de s’élever à 90°. C’est donc par un jeu de lumière, de mouvement de caméra et de mécanisme du décor que l’impression volatile est donnée. Afin de parvenir à un résultat crédible et fort émotionnellement, il s’agit de mettre en place dès la préparation, et ce jusqu’à la finalisation de la scène, un dialogue précis entre construction d’un décor, direction de la photographie et VFX.
Le résultat final: In The Heights ©Warner Bros.
Nelson Coates présente son concept de façade dynamique qui s’abaisse de 90 à 0 degrés en 5 Secondes
Quand le mécanisme de la façade se déclenche, la caméra, les lumières, les comédiens, et le paysage VFX doivent suivre le même mouvement, créant ainsi une séquence au laps de temps impressionnant. Dans ce type de mise en place, il est d’une importance primordiale que les acteurs soient sécurisés à des câbles par le département qui gère les cascades. Il revient à l’équipe des VFX de créer le fond qui remplacera le fond vert. Ils doivent donc coordonner le changement dynamique du paysage et du soleil au mouvement de la camera et de la façade. Alice Brooks et ses équipes lumière et machinerie conçoivent l’installation de trois grandes ‘softboxes’ au plafond pour simuler la lumière ambiante du ciel, ainsi qu’une source tungstène puissante pour créer le soleil en studio. Cette source est installée sur une grande grue sur Dolly afin de lui faire effectuer un mouvement complexe et crédible qui accompagne le mouvement de la façade dynamique. L’ intensité et la colorimétrie des ‘softboxes’ sont programmées pour évoluer dans ce lapse de temps et pour s’accorder avec le changement dynamique du fond. Cette orchestration précise entre les départements permet un résultat remarquable qui crée l’un de ces moments importants où le cinéma devient de la magie.
Élargir les horizons : “The Power of the Dog” et Focus sur “The Colony”, ou comment retrouver l’immensité de la mer
Cette question du lien entre les extérieurs et les intérieurs et de déterminer ce qui est visible dans les arrières plans, Ari Wegner ACS et Grant Major y consacrent une grande partie de leur travail sur le film de Jane Campion. Pour des questions de budget, il leur est indispensable d’éviter que chaque plan se déroulant dans un décor intérieur avec une découverte devienne un plan à VFX. Mais ils souhaitent également ne pas être contraints par l’utilisation de rideaux qui réduisent considérablement l’espace du film aux simples intérieurs. Ils aspirent à ce que l’immensité de l’espace naturel extérieur se ressente à travers les fenêtres et les portes des décors. Ils s’orientent donc vers la conception de ‘backdrops’ que le chef décorateur avait déjà eu l’occasion d’utiliser sur ses précédents projets. L’intrigue s’étendant sur plusieurs saisons, ils conçoivent des toiles de fond pour chacune des périodes, à différents moments de la journée, afin de faire évoluer l’environnement autour de leur décor au rythme du film.
The Power of the Dog ©Netflix
C’est cette même technologie qu’utilise l’équipe de “The Colony” pour rendre crédibles ses paysages marins reconstitués en studio. Pour cela, il leur est indispensable de penser le décor de manière hybride. Premièrement, celui-ci est organisé autour d’une immense plateforme sur laquelle est reconstituée la plage, construite dans les Bavaria Studios ( considérés comme les plus grands d’Europe). Ce sol est le résultat de recherches poussées sur les textures du sable et de l’eau, mais également sur l’interaction entre ces deux éléments naturels. Car c’est la réflexion du ciel dans les flaques créées au sol qui donne toute la puissance au décor. Il semble évident à Markus Förderer et Julian Wagner que l’utilisation des Softdrops de Rosco est la meilleure alternative aux fonds pour tourner le film de manière plus authentique et sensitive, car contrairement à un plateau fond vert, ce type de procédé permet l’utilisation d’une gamme plus large de matériaux dans les décors et les costumes. Les effets de transparence et de réflexion, particulièrement complexes à maîtriser sur un fond vert, redeviennent possibles du fait même du caractère organique de ce type de plateau. Ce dernier point participe également à plonger l’ensemble de l’équipe au cœur d’une expérience plus immersive et donc bien plus tangible.
La plateforme se trouve donc entourée d’un fond de 9m de haut sur 90m de longueur, créé à partir de plates 8K du décor originel qui sont fusionnées pour recréer l’immensité du ciel de la mer des Wadden. Afin de faire varier l’arrière-plan des différentes séquences tournées sur ce même fond, ils élaborent une technique qui leur permet d’avoir un premier effet de ciel imprimé à l’avant et un second imprimé à l’arrière. Ainsi, en adaptant l’éclairage en front et en back, il devient possible de créer une série plus large d’ambiances lumineuses sur le même décor. Durant la préparation du film, Markus effectue une série de tests sur des décors miniatures pour déterminer les différentes techniques d’éclairage qu’ils devront mettre en place sur le tournage pour que cette technique soit un succès.
Représentation 3D du plateau de The Colony ©Julian Wagner – Markus Förderer – Berghaus Woebke Filmproduktion
Maquette du plateau de The Colony ©Julian Wagner – Markus Förderer – Berghaus Woebke Filmproduktion
D’après ces recherches et accompagné par son gaffeur Uwe Greiner, le directeur de la photographie conçoit l’installation d’une centaine de Skypanels, placés au sol derrière le Softdrop, afin de créer cette impression de lumière émanant de l’horizon propre aux couchers et levers de soleil. A cela s’ajoute une ligne de projecteurs ETC à l’avant du fond ainsi qu’un skysoft homogène pour relever le niveau sur l’action qui se déroule sur la plateforme. Tous les projecteurs étant programmables, la variation de l’éclairage entre chaque séquence est extrêmement simple et adaptée à la fois aux scènes de nuit et aux scènes de jour. Cela leur fait gagner un temps précieux. Pour certaines séquences, ils ajoutent à ce principe de base un ARRIMAX 18kg en backlight, derrière le Softdrop pour simuler les rayons du soleil qui percent à travers les nuages.
Plateau de The Colony ©Gordon Timpen – Berghaus Woebke Filmproduktion
Ainsi cet assemblage ingénieux reconstitue de manière crédible l’environnement du film. Mais il reste un élément essentiel à la sensation de réalité dans ce décor. En effet, le rendu de l’espace et de son immensité en condition naturelle est un véritable enjeu pour que la reconstitution en studio ne semble pas limitée. Pour parfaire l’illusion, la difficulté est de réussir à recréer une ligne d’horizon plus éloignée qu’elle ne l’ai vraiment. Une ligne fluide entre le ciel et la terre où se confond l’infini. Tout cela est rendu possible par l’utilisation contrôlée d’un élément essentiel : la fumée. La mise en place de plusieurs machines à brouillard sur le plateau, au-delà de créer une atmosphère propice à l’intrigue, permet de lier l’ensemble et de renforcer la sensation d’immensité. Le résultat est une image où il devient alors difficile de percevoir la démarcation entre la plateforme et le Softdrop, évitant ainsi de ressentir l’espace réduit d’un studio.
Compte tenu du budget réduit du film, le travail effectué est impressionnant et démontre l’importance d’une coopération entre les différents chefs de départements afin de trouver la solution adéquate aux défis du film. Ces différentes expériences permettent de transformer un plateau en un univers tangible et complexe.
Comparatif entre décor naturel et reconstitution en studio, The Colony ©Berghaus Woebke Filmproduktion
Ouvrir le champ des possibles grâce aux VFX
La bonne réflexion entre ces différentes expertises répond à des volontés artistiques propres à chaque film, mais est également garante d’une maîtrise des coûts indispensable pour mener à bien un projet. Pour autant, il est parfois indispensable d’élargir l’univers du film grâce aux possibilités qu’offre le travail des VFX. Sans parler des décors intégralement créés en post-production, qui représentent un autre type de travail et de techniques, il faut s’intéresser à comment les ajouts numériques viennent « élargir le réel”.
Cette coordination entre décors réels et effets visuels est également le fruit d’une collaboration étroite entre l’équipe de tournage et l’équipe des VFX qui implique souvent la présence du superviseur des effets spéciaux sur le tournage. D’après Kalina Ivanov, “le chef décorateur recrée physiquement le monde du film, puis les VFX viennent finaliser l’idée de ce monde”. C’est ici que le “langage commun” sur lequel insiste Nelson Coates devient essentiel. Les intervenants partagent tous le même avis sur la question : ce langage doit être mis en place dès la conception des dessins préparatoires élaborés par le chef décorateur. En effet, il y a à ce moment du processus, une réflexion sur le partage du travail entre chaque département dans l’élaboration des éléments visuels : d’un côté les éléments qui doivent être construits et pensés pour le réel – “Dans quelle mesure devons nous construire ce monde physiquement ?”, et de l’autre les éléments qui seront traités en post-production. Tous ces éléments doivent être coordonnés de manière précise afin de rendre crédible l’univers du film.
Filmographie
“The Tender Bar”
Réalisateur : George Clooney
Directeur de la photographie : Martin Ruhe ASC
Cheffe décoratrice : Kalina Ivanov
“In The Heights”
Réalisateur : Jon M. Chu
Directrice de la photographie : Alice Brooks ASC
Chef décorateur : Nelson Coates
“The Power of the Dog”
Réalisatrice : Jane Campion
Directrice de la photographie : Ari Wegner ACS
Chef décorateur : Grant Major
“The Colony”
Réalisateur : Tim Fehlbaum
Directeur de la photographie : Markus Förderer ASC BVK
Chef décorateur : Julian Wagner
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