Diachromie et diaphanie ont officiellement brisé la coquille mi-novembre 2025. Ces deux plugins d’étalonnage, développés par une équipe française, ont été largement remarqués pendant leur phase de développement par de nombreux professionnels, à juste titre. Ils ont été récompensés aux Césars 2026 avec le prix de l’innovation.
Basés à Paris chez Polyson, Olivier Patron, DIT, Martin Roux et Paul Morin, chefs-opérateurs, ont uni leurs forces pour mettre au point ces outils. D’abord pour eux-même puis, encouragés par leur entourage, ils ont décidé d’en faire des versions commercialisables.
Cette logique de création de look s’inscrit très bien dans la tendance actuelle qui consiste à chercher à émuler un rendu pellicule de manière paramétrique. L’idée derrière tout ça est de s’autoriser à garder ce que l’on aime dans le traitement film mais aussi de pouvoir modifier ses composantes afin de fabriquer un look spécifique. Tous les « marqueurs » typiques du film sont présents et bien identifiés, il est donc facile de s’y retrouver pour les doser et même de s’en écarter pour créer un look tout à fait original.
Concrètement, le système est divisé en deux parties : diachromie pour toutes les transformations colorimétriques, et diaphanie pour les transformations texturelles, comme le grain, l’halation, etc… Les deux plugins OFX, compatibles Resolve et Baselight, s’intègrent parfaitement dans un flux de travail ACES mais pas seulement. Il est possible de préciser le choix du “color management”. Il est donc aussi possible d’exporter une LUT log-log, très pratique pour le nouveau système Reveal chez Arri qui sépare le look du DRT. Les chef-op apprécieront.
L’interface permet de suivre une méthodologie très chronologique. On a vraiment l’impression que les choix se présentent au bon moment et c’est un plus car les paramètres sont nombreux. Un système de preset par module permet de commencer avec des bases sures et des look référencés. Ensuite, de séance en séance, voire de film en film, on peut faire évoluer sa propre bibliothèque. Cela permet de commencer simplement puis de capitaliser sur le temps et l’expérience pour trouver votre propre pâte. Si on devait chercher un point à améliorer, on gagnerait à pouvoir mapper certaines commandes sur des surfaces de contrôle. Cela arrivera sûrement bientôt si les applications hôtes le permettent. Point très important encore pour les chef-op, les transformations préservent par défaut le gris neutre, car il est logique qu’un look ne modifie pas l’exposition pour rester cohérent dans toutes situations. Il est donc très facile de créer des LUT de tournage qui préservent aussi l’exposition.
N’hésitez pas à tester les version démo disponibles chez Hal-pictures . Et au passage, l’équipe met à disposition une palette d’outils en ligne très sympathique https://toolbox.hal-picture.com que vous pourrez partager avec les réalisatrices et réalisateurs pour discuter sérieusement de vos intentions.