Lors du festival Camerimage 2021, l’éminent directeur de la photographie Ed Lachman,ASC et son collaborateur Marko Massinger ont présenté le EL Zone system (ELZS), un nouvel outil pour déterminer l’exposition destiné à être utilisé sur les caméras numériques. L’ELZS a suscité beaucoup d’intérêt et d’enthousiasme de la part des personnes travaillant derrière la caméra lors du festival, mais reste à voir si les fabricants de caméras sont aussi impatients de mettre en œuvre le système en tant que fonctionnalité universelle sur leurs produits. Panasonic est le premier à intégrer l’outil dans sa gamme Varicam, et Lachman a exhorté les directeurs de la photographie à faire pression sur les autres fabricants pour qu’ils adoptent également l’ELZS dans leurs caméras.
False color 2.0
Le Zone System EL s’inspire du célèbre zone system du photographe Ansel Adams et se présente comme une alternative aux systèmes de fausses couleurs existants que nous connaissons sur de nombreuses caméras numériques modernes. Les fausses couleurs font référence à des valeurs IRE (basées sur des pourcentages de tension), alors que l’ELZS affiche une lecture en couleur des écarts de diaphs qui correspondent à celles de nos posemètres et de nos objectifs. La valeur médiane de l’ELZS correspond donc au gris 18% (qui s’affiche comme du gris), et les autres couleurs correspondent à des valeurs de diaph classiques. Il y a au total 15 couleurs dans le système ; 13 représentant un diaph complet, et deux qui représentent 1/2 diaph juste au-dessus et au-dessous du 18% de gris.

Pour Lachman, le contrôle des tons chair est de la plus haute importance, donc deux demi-diaphs dans cette zone ont beaucoup de sens. Lachman fait valoir que le codage couleur dans l’ELZS est facile et intuitif à comprendre : la surexposition est représentée par le blanc, tandis que la sous-exposition est représentée par le noir. Le reste des zones/stops est représenté par une échelle de couleurs qui va du froid (moins de 18 % de gris) au chaud (plus de 18 % de gris).

Un système uniforme sur toutes les plateformes et caméras
Lachman, Massinger et leur équipe s’efforcent également de convaincre les grandes sociétés d’étalonnage de mettre en œuvre l’ELZS sous forme de superposition dans leurs logiciels. Cela pourrait être très utile si vous devez être raccord avec une scène tournée il y a plusieurs jours, semaines ou mois. Ce système peut également être précieux pour la pré-production si vous souhaitez vérifier et/ou faire correspondre l’exposition (la pose ? les contrastes?) de vos images de référence. Une application pour les téléphones portables est également en cours de développement afin que vous puissiez utiliser l’ELZS sur votre smartphone dans un avenir proche.
Lachman et Massinger invitent les directeurs de la photographie et les caméramans à demander aux fabricants de caméras d’intégrer la fonction ELZS dans leurs systèmes d’exploitation. Plus il y aura de personnes qui le demanderont, plus vite un tel changement pourra se produire.
Diffusion de l’utilisation de l’EL Zone System
Il me semble que l’ELZS représente un gros avantage par rapport au False color classique. L’ELZS uniformisera un outil d’exposition sur plusieurs systèmes avec des codes couleurs assortis faisant référence à la lumière réfléchie, alors que les False colors sont basés sur les IRE/tensions et varient dans les gammes de couleurs et ce qu’elles représentent d’un appareil photo à l’autre. Le système d’Ed Lachman fait correspondre les lectures du posemètre et les diaphs de l’objectif, il est agnostique par rapport aux modèles de caméra et aux logiciels d’étalonnage.
Chaque fabricant de caméra devra donner accès à Lachman et à son équipe pour concevoir correctement l’ELZS. Panasonic a déjà fait un premier pas et l’ELZS est donc disponible dans les caméras Varicam. Suivons le conseil d’Ed Lachman et demandons aux autres fabricants de suivre leur exemple et de mettre en œuvre ce système de références.
Pour plus d’informations sur l’ELZS, je vous recommande cet article de Jon Fauer.